Ladoz 11 Posted October 2, 2010 Partager Posted October 2, 2010 C’est un texte surprenant et instructif que viennent de donner à lire les éditions Lumières Libres, sises à Aït Saâda, sur les hauteurs majestueuses de l’Akfadou, dans la wilaya de Béjaïa. « Mes voyages en Algérie » de Guy de Maupassant nous fait découvrir l’Algérie du 19ème siècle ; le journaliste et écrivain français brosse des tableaux saisissants de la nature grandiose et magnifique et des êtres humains qu’il rencontre. Tantôt le célèbre nouvelliste se fait humaniste, tantôt il est carrément xénophobe. C’est en juillet 1881 que Guy de Maupassant arrive à Alger ; il rédige alors des chroniques pour le journal « le Gaulois ». L’écrivain est tout de suite ébloui par la capitale algérienne. « Féerie inespérée et qui ravit l’esprit ! Alger a passé mes attentes. Quelle est jolie, la ville de neige sous l’éblouissante lumière ! Une immense terrasse longe le port, soutenue par des arcades élégantes », écrit-il. Alger est déjà à cette époque, une ville qui grouille de monde, où le tutoiement est de rigueur et où la vie se savoure sous le soleil éclatant. « De la pointe de la jetée, le coup d’œil sur la ville est merveilleux. On regarde, extasié, cette cascade éclatante de maisons dégringolant les unes sur les autres du haut de la montagne jusqu’à la mer », raconte Guy de Maupassant. Mais les injustices de la colonisation ne peuvent pas échapper au journaliste. Le souvenir de Bouamama est rappelé par l’auteur de « Boule de suif » qui traite ce révolté algérien de farceur. « Bien malin celui qui dirait aujourd’hui, ce qu’était Bouamama. Cet insaisissable farceur, après avoir affolé notre armée d’Afrique, a disparu si complètement qu’on commence à supposer qu’il n’a jamais existé. Des officiers dignes de foi, qui croyaient le connaitre, me l’ont décrit d’une certaine façon ; mais d’autres personnes non moins honnêtes, sûres de l’avoir vu, me l’ont dépeint d’une autre manière », affirme-t-il. Guy de Maupassant est d’une lucidité certaine quand il comprend que les problèmes ne vont pas s’arrêter. « Notre système de colonisation consistant à ruiner l’Arabe, à le dépouiller sans repos, à le poursuivre sans merci et à le faire crever de misère, nous verrons encore d’autres insurrections », confie-t-il. De Ksar El Boukhari, l’écrivain dit que c'est le pouls des insurrections, vu sa position stratégique qui fait de ce « village, une sorte de trait d’union entre les Arabes du littoral et les Arabes du Sahara ». La Kabylie ne laisse pas indifférent l’écrivain qui constate que cette région est plus peuplée que le département le plus peuplé de France. A Bejaïa, l’écrivain tombe sous la magie des lieux. « Enfermé par une ceinture de montagnes bizarres, aux crêtes dentelées, étranges et charmantes, aux flancs boisés, le golfe de Bougie, bleu d’un bleu crémeux et clair, cependant d’une incroyable transparence, s’arrondit sous le ciel d’azur, d’un azur immuable qu’on dirait figé. Au bout de la côte, à gauche, sur la pente rapide du mont, dans une nappe de verdure, la ville dégringole vers la mer comme un ruisseau de maisons blanches », décrit-il. L’écrivain-voyageur essaie de comprendre un pays immense qui l’attire comme un aimant mais il n’échappe pas aux clichés. « Qui dit Arabe dit voleur, sans exception », écrit lamentablement Guy de Maupassant. L’esprit colonialiste était, à ce moment-là, également dans la tête des écrivains. *« Mes Voyages en Algérie », de Guy de Maupassant, éditions Lumières libres, 108 pages, 350 DA. in : tsa-algerie.com Citer Link to post Share on other sites
Ladoz 11 Posted October 2, 2010 Author Partager Posted October 2, 2010 Ou comment un livre qui insulte les Algériens est en vente libre :mdr::mdr: Ou aussi comment un éditeur "Algérien" ose publier ce genre de torchons racistes ! Et vive la démocratie et la liberté d'expression ! Citer Link to post Share on other sites
ytreza 10 Posted October 2, 2010 Partager Posted October 2, 2010 oooooooooooooo Citer Link to post Share on other sites
Ladoz 11 Posted October 2, 2010 Author Partager Posted October 2, 2010 ou comment s'insurger de 4 mots sortis de leur contexte historique et pousser des cris d'orfraie vive la démocratie et la liberté d'expression Essaye d'écrire "les juifs sont des voleurs" et va chercher un éditeur en Europe ! :gun_nep: Citer Link to post Share on other sites
djallalnamri 10 Posted October 2, 2010 Partager Posted October 2, 2010 Ou comment un livre qui insulte les Algériens est en vente libre :mdr::mdr: Ou aussi comment un éditeur "Algérien" ose publier ce genre de torchons racistes ! Et vive la démocratie et la liberté d'expression ! cet éditeur a bien saisi toutes les conséquences résultant de ce qu'il est advenu de la loi criminalisant le colonialisme ... pour se faire du blé ... Citer Link to post Share on other sites
Ladoz 11 Posted October 2, 2010 Author Partager Posted October 2, 2010 cet éditeur a bien saisi toutes les conséquences résultant de ce qu'il est advenu de la loi criminalisant le colonialisme ... pour se faire du blé ... Malheureusement , le "cabinet noir " laisse faire et ne censure que ce qui touche au régime et menace sa pérennité ! Citer Link to post Share on other sites
Victime 10 Posted October 2, 2010 Partager Posted October 2, 2010 ah charles du roi et forestier ça me rappelle des souvenirs je me souviens aussi qu'il disait que les mzab étaient des génie dans le commerce Citer Link to post Share on other sites
Ouragan 10 Posted October 2, 2010 Partager Posted October 2, 2010 ça nous donne une idée sur ce que pensaient les autres de nous, et aussi sur d'autres choses. Il faut lire même ceux qui ne nous aiment pas. Citer Link to post Share on other sites
dodo 10 Posted October 2, 2010 Partager Posted October 2, 2010 C’est un texte surprenant et instructif que viennent de donner à lire les éditions Lumières Libres, sises à Aït Saâda, sur les hauteurs majestueuses de l’Akfadou, dans la wilaya de Béjaïa. « Mes voyages en Algérie » de Guy de Maupassant nous fait découvrir l’Algérie du 19ème siècle ; le journaliste et écrivain français brosse des tableaux saisissants de la nature grandiose et magnifique et des êtres humains qu’il rencontre. Tantôt le célèbre nouvelliste se fait humaniste, tantôt il est carrément xénophobe. C’est en juillet 1881 que Guy de Maupassant arrive à Alger ; il rédige alors des chroniques pour le journal « le Gaulois ». L’écrivain est tout de suite ébloui par la capitale algérienne. « Féerie inespérée et qui ravit l’esprit ! Alger a passé mes attentes. Quelle est jolie, la ville de neige sous l’éblouissante lumière ! Une immense terrasse longe le port, soutenue par des arcades élégantes », écrit-il. Alger est déjà à cette époque, une ville qui grouille de monde, où le tutoiement est de rigueur et où la vie se savoure sous le soleil éclatant. « De la pointe de la jetée, le coup d’œil sur la ville est merveilleux. On regarde, extasié, cette cascade éclatante de maisons dégringolant les unes sur les autres du haut de la montagne jusqu’à la mer », raconte Guy de Maupassant. Mais les injustices de la colonisation ne peuvent pas échapper au journaliste. Le souvenir de Bouamama est rappelé par l’auteur de « Boule de suif » qui traite ce révolté algérien de farceur. « Bien malin celui qui dirait aujourd’hui, ce qu’était Bouamama. Cet insaisissable farceur, après avoir affolé notre armée d’Afrique, a disparu si complètement qu’on commence à supposer qu’il n’a jamais existé. Des officiers dignes de foi, qui croyaient le connaitre, me l’ont décrit d’une certaine façon ; mais d’autres personnes non moins honnêtes, sûres de l’avoir vu, me l’ont dépeint d’une autre manière », affirme-t-il. Guy de Maupassant est d’une lucidité certaine quand il comprend que les problèmes ne vont pas s’arrêter. « Notre système de colonisation consistant à ruiner l’Arabe, à le dépouiller sans repos, à le poursuivre sans merci et à le faire crever de misère, nous verrons encore d’autres insurrections », confie-t-il. De Ksar El Boukhari, l’écrivain dit que c'est le pouls des insurrections, vu sa position stratégique qui fait de ce « village, une sorte de trait d’union entre les Arabes du littoral et les Arabes du Sahara ». La Kabylie ne laisse pas indifférent l’écrivain qui constate que cette région est plus peuplée que le département le plus peuplé de France. A Bejaïa, l’écrivain tombe sous la magie des lieux. « Enfermé par une ceinture de montagnes bizarres, aux crêtes dentelées, étranges et charmantes, aux flancs boisés, le golfe de Bougie, bleu d’un bleu crémeux et clair, cependant d’une incroyable transparence, s’arrondit sous le ciel d’azur, d’un azur immuable qu’on dirait figé. Au bout de la côte, à gauche, sur la pente rapide du mont, dans une nappe de verdure, la ville dégringole vers la mer comme un ruisseau de maisons blanches », décrit-il. L’écrivain-voyageur essaie de comprendre un pays immense qui l’attire comme un aimant mais il n’échappe pas aux clichés. « Qui dit Arabe dit voleur, sans exception », écrit lamentablement Guy de Maupassant. L’esprit colonialiste était, à ce moment-là, également dans la tête des écrivains. *« Mes Voyages en Algérie », de Guy de Maupassant, éditions Lumières libres, 108 pages, 350 DA. in : tsa-algerie.com très drole venant de la part du plus grand peuple de voleurs il le reconnait mais ne fait pas le lien entre la cause et son effet bizarre Citer Link to post Share on other sites
Guest cerisecerise Posted October 2, 2010 Partager Posted October 2, 2010 ça nous donne une idée sur ce que pensaient les autres de nous, et aussi sur d'autres choses. Il faut lire même ceux qui ne nous aiment pas. si tu ne connais pas guy de maupassant, ne retiens pas seulement cela et va plutôt lire ses romans Citer Link to post Share on other sites
Ouragan 10 Posted October 2, 2010 Partager Posted October 2, 2010 si tu ne connais pas guy de maupassant, ne retiens pas seulement cela et va plutôt lire ses romans Merci, si l'occasion se présente, pourquoi pas. Citer Link to post Share on other sites
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