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Conférence sur

« La place des sciences humaines et sociales dans le Monde arabe » :

« Le sociologue arabe n’est pas un répondeur idéologique »

 

 

L’intellectuel libanais Khalil Ahmed Khalil a brossé un tableau pour le moins pessimiste, sombre, de la place des sciences humaines et sociales dans le Monde arabe.

 

Comment peut-il en être autrement quand cet ensemble géographique et spatial n’a pas d’identité propre, demeure atypique et inexistant, n’est adossé à aucune réalité institutionnelle et reste confiné dans le domaine du symbolique, n’existant que dans l’idéologie, s’interroge d’emblée le conférencier d’une manière sentencieuse. Le ton est donné et l’orateur, à coups de références multiples qui sonnent comme des jugements, décrète que l’espace arabe est privé d’une recherche scientifique exempte ou expurgée de contraintes et de pesanteurs qui annihilent son processus de développement, un déclassement qui est fortement déconnecté de l’Ethos de la société. Ce handicap fortement incapacitant n’est pas tombé du ciel. Il a des origines et des causes. L’orateur prend acte d’une décadence des sciences humaines et sociales dans la sphère arabe car il ne peut y avoir de progrès sans esprit critique et dialectique. La culture du non-dit, du silence, ne peut pas servir de socle pour la promotion des sciences sociales et humaines. Pourquoi les sociologues arabes évitent-ils des sujets qu’ils supposent délicats et complexes comme la polygamie, la pauvreté, tonne le conférencier, les contournent, alors que ce sont des phénomènes sociaux que l’on rencontre partout à travers le monde. Ce sont des problématiques qui ont besoin de l’éclairage scientifique des spécialistes, partant du fait que l’homme est l’être qui mobilise le plus son sens critique. Pour illustrer son analyse, il cite une anecdote. Celle de l’enfant qui consomme de la viande chevaline sans connaître le cheval. En fait, le Monde arabe a toujours fonctionné avec deux têtes. Il s’agit du Panarabisme et du Panislamisme réducteurs.

L’intellectuel arabe doit s’affranchir de l’emprise des pouvoirs dominants, de ce que Max Weber appelle le Sultanisme ou domination patrimoniale. La recherche est synonyme de mise à nu, de diagnostic précis et sans concession, argumente-il. La science ne saurait se confondre avec l’illusion, l’imagination stérile, avec le dictat des clercs pour reprendre une terminologie typiquement occidentale dont l’immixtion dans la recherche scientifique n’est pas nécessaire, d’autant plus qu’ils tentent d’interdire l’enseignement de la philosophie, se dressent en obstacle contre la pensée critique. La liberté de penser demeure insuffisante si elle n’est pas accompagnée par l’esprit de créativité qui la nourrit.

Poursuivant sur le registre de la critique, Khalil Ahmed Khalil s’attarde sur la question de la formation des chercheurs en sciences humaines et sociales dont il observe un hégémonisme de l’idéologie qui constitue un frein à leur épanouissement.

Autant dire à l’issue de cet exposé, qu’il y a matière à changer le fusil d’épaule.

Il pose alors un axiome qui ne cessait de revenir tout au long de son « réquisitoire » si on peut se permettre l’expression. C’est ce qui ressort de cette intervention lourde de pessimisme quant à la réalité de la place qu’occupent ces sciences dans le Monde arabe. Le chercheur a besoin de renouer avec sa crédibilité. Le sociologue, pour ne citer que son cas, n’est pas un répondeur idéologique.

Le débat aussi passionné que ne le fut l’exposé a mis en exergue des préoccupations qui corroborent dans une grande mesure les appréciations énoncées par M. Khalil Ahmed Khalil, non sans diverger toutefois avec certaines de ses « sentences ».

Une nécessité s’impose qui rend impérieuse l’obligation de se libérer des maladies infantiles qui altèrent le champ de la recherche dans ce domaine. Dès lors, il nous est certainement loisible de dire à notre tour que le potentiel et la masse critique et raisonnée des sciences sociales et humaines, pour ce qui concerne leur immersion dans le vécu des sociétés arabes, leur implication dans le champ de la confrontation universelle, ne peuvent se faire qu’avec la seule arme et les seuls instruments de la science.

M. Bouraib

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